…Le parricide était tout à fait compréhensible durant l’Empire romain?

Malgré quatre (ou cinq…?) ans de latin, il ne me reste plus grand chose de la très noble langue morte. Honnêtement, si la première déclinaison m’est restée dans la caboche c’est surtout grâce à Jacques Brel – et pour le reste, je m’amuse parfois à enchaîner des phrases toutes faites pour prétendre que j’ai une mémoire capable d’un fonctionnement normal. Alea jacta est, cogito ergo sum, si vis pace para bellum, panem et circenses (que je traduirai toute ma vie « du pain et des cerceaux » – rienàfoutre), et aussi, surtout, tu quoque mi fili.

(que j’ai écrit correctement du premier coup… Yay !!!)

Le fait est, les rapports familiaux sous l’Empire romain pouvaient se révéler parfois quelque peu tordus et tendus – de quoi nous faire penser que, finalement, les tractations politiques de Brutus-fils-adoptif-de-César (ndlr: en fait il ne l’était point, et il y a un chouette article à consulter sur le sujet dans les commentaires!) et son coup de couteau bien placé ne sont pas *si* étonnantes que cela. Il faut remettre les choses dans leurs contextes. Le meurtre d’un parent proche était, certes, l’un des pires crimes concevables à l’époque (Cicéron nous indique avec moult détails dans le De Inventione que le condamné était fouetté, puis que sa tête était enroulée dans un sac en cuir, puis qu’on le cousait tout entier dans un sac, et hop, dans le Tibre, ou dans la Mer – quelques années plus tard, sous Auguste, Sénèque dans le De Clementia et le Corpus Iuris Civilis nous indiquent cordialement qu’un coq ET un chien affamés ET une vipère ET un singe étaient enfermés dans le sac aussi, tant qu’à faire) – mais la loi donnait de larges raisons pour l’enfant de souhaiter que paternel fasse une grosse chute dans les escaliers.

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