The Landlord’s Game: les origines anti-capitalistes du Monopoly

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Exemple d’une harmonie familiale vouée à disparaître au cours de la partie de Monopoly. Comme dit l’autre, « c’est le jeu, ma pauvre Lucette ».

C’est les fêtes, c’est Noël, c’est les longues soirées au coin de la cheminée à s’empiffrer de chocolat, c’est le temps de la famille, des films avec Whoopi Goldberg qu’on a déjà vu 50 000 fois mais c’est pas grave puisqu’ils passent à la télé, des cadeaux sous l’arbre, d’essayer de ne pas penser trop fort que Tonton Jacques a l’air d’un pédophile déguisé en père Noël – c’est aussi, l’air de rien, la saison des jeux des société, quand on est trop nombreux pour se mettre d’accord sur le programme du soir. Au premier rang de ces jeux de société ? Le Monopoly.

Edition Montcuq, édition gay, édition Disney, édition équipe de France de Football, édition Harry Potter (oui oui, je vous jure, mais va falloir y mettre de l’huile de coude par contre) – il y en a pour tous les goûts. Diantre, essayez de trouver quelqu’un qui ne sait pas jouer au Monopoly dans votre entourage, vous en chierez probablement un peu – et si on met de côté les éternels débats sur l’utilité exacte de la case « parking gratuit » (spoiler: à rien, elle ne sert strictement à rien, sinon à faire un break), y’a moyen que ça convienne à petits et grands. Le Monopoly, c’est la garantie de 30 minutes de bon temps puis d’une bonne heure et demi où ça va se foutre sur la gueule parce qu’on a ruiné pépé, la grande soeur et le petit cousin et qu’ils le vivent mal, puis d’une partie jamais achevée parce que ça devient vite sacrément long. Bien plus qu’un jeu, c’est une légende, qui dans les rayons de votre magasin préféré lève probablement un sourcil sarcastique face aux Jungle Speeds qui tentent de le détrôner – un jeu qui siège au sommet aux côtés des Cluedo, des 1000 bornes et des autres grands de ce monde. Rien de surprenant. C’est quand même super fun, de faire la banque.

Sauf que le Monopoly, bah, on se trompe sur son sens profond et son message depuis notre plus tendre enfance: loin d’encenser les merveilles du monopole et de l’acquisition sauvage de fortune sous rire diabolique quand votre père atterrit tout droit sur *votre* rue de la Paix, c’est un jeu voué à vous apprendre que le capitalisme, des fois, c’est mal.

Oui oui.

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…Pendant la première guerre mondiale, un chien a été promu sergent et a reçu plusieurs médailles?

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Stubby est un héros de guerre. C’est aussi un bull terrier mêlé de terrier de Boston, tout petit, extrêmement énergique, affectueux et intelligent. Né en 1916 ou 1917, le début de sa vie est un mystère – mais il se trouve aujourd’hui naturalisé et soigneusement conservé au Smithsonian (le National Museum of American History). En quel honneur? Il est le tout premier animal promu au rang de sergent de l’armée américaine et le chien le plus décoré de la première guerre mondiale (voire de tous les temps) avec non moins de treize médailles. Dire que sa vie est digne d’un film hollywoodien serait un euphémisme – un projet de film d’animation intitulé Sgt. Stubby: An American Hero devrait voir le jour au printemps 2018.

Puis il est adorable, ok ? C’est une petite saucisse sur pattes qui s’appelle Sergeant Stubby. Plus adorable tu meurs. Un point c’est tout.

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…L’un des médicaments pour enfants les plus vendus du XIXe siècle était principalement composé de morphine et d’alcool?

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De 1845 à 1930, Mrs Winslow’s Soothing Syrup a été une institution. Que dis-je ! Ce sirop a été la solution miracle pour toutes les mères au désespoir et en manque de sommeil. Le produit, manufacturé par les pharmaciens Jeremiah Curtis et Benjamin A. Perkins (originaires de Bangor, Maine), avait tout du Saint Graal pharmaceutique : soulagement des douleurs dentaires chez l’enfant, des diahrées, aide pour les nuits difficiles, la liste de ses merveilleux effets allait encore et encore, interminable. Toutes les conditions étaient réunies pour en faire un succès de ventes. L’efficacité radicale et la promesse d’un petit peu de calme dans ce monde de brutes, ça n’a pas de prix. Continuer la lecture

…La première colonie anglaise en Amérique du Nord a mystérieusement disparu ?

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La colonie anglaise de Roanoke, installée sur l’île du même nom, en Caroline du Nord, fut la première véritable tentative britannique d’installation en Amérique du Nord. Etablie par Sir Walter Raleigh pour le compte de Elisabeth Iere dans les années 1580, elle avait tout pour prospérer. Sauf que non. Elle s’est littéralement évanouie dans la nature – en ne laissant pour seule trace que le mot « Croatoan » gravé sur un poteau. Aujourd’hui encore, elle est considérée comme « La Colonie Perdue » – et les raisons de sa disparition sont inconnues.

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…Le film le plus rentable de tous les temps est un film pornographique?

 

Il s’en passe, des choses étranges, quand on traîne trop longtemps sur Netflix. Moi, quand je me perds dans les tréfonds de Netflix, je regarde des documentaires sur la pornographie.

(même que c’est intéressant) (vraiment) (ne me jugez pas) (s’il vous plaît)

Jusqu’à cette soirée d’errance, j’étais intimement persuadée que le film le plus rentable de tous les temps était l’une des entrées des listes officielles de plus gros succès mondiaux en salle. Genre… Autant en Emporte le Vent. Ou Avatar. Ou Titanic. Des films dont on parle constamment et qui se retrouvent portés au rang de légende en moins de temps qu’il n’en faut pour dire « Star Wars », qui pullulent de produits dérivés et arrachent des regards stupéfaits à vos amis quand, comme pour tester la solidité de votre relation, vous avouez enfin que non, vous ne l’avez pas vu. Mais non. Le film le plus rentable de tous les temps l’est presque en secret. Et pourtant, il aurait de quoi frimer. Budget: 25 000 dollars. Revenu (théorique, et sujet à caution): 600 millions.

600. Millions. Pour 25 000 dollars.

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…Deux spécialistes des dinosaures se sont livrés à une véritable « Bone War » à la fin du XIXe siècle?

1870. La guerre de Sécession s’achève à peine aux Etats-Unis. C’est l’heure de la Conquête de l’Ouest, la fin des luttes intestines, un nouveau pays se fonde enfin dans l’unité… et deux paléontologues s’apprêtent à rouvrir les hostilités. A coup d’os de dinosaures.

Même que j’aurais pu dire « os-tilités » mais c’était vraiment une vanne toute pourrie.

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