Les Cabinets de Curiosités: petits musées des merveilles et des horreurs

800px-Musei_Wormiani_Historia

Dans mon jargon, on appelle ça une « déco légère » (Smithsonian Libraries

C’était chelou, les cabinets de curiosité, mais ça avait quand même un bon côté sympatoche – un peu comme toutes ces choses qui ne semblent suivre aucune vraie logique. On les sait ancêtres de nos musées (par leur amassage de collections), mais en vrai ils sont à l’origine de toute une culture du « n’importe quoi, mais qui a de la gueule et qui fait bien ». Dans leur constitution, en effet, on retrouvait souvent deux trames: hétéroclite et inédit. A partir de là, c’était au goût de chacun: antiquités, médailles, oeuvres d’art, et surtout histoire naturelles, avec des choses aussi sympas que des insectes séchés, des coquillages, des animaux empaillés et même de bonnes vieilles bizarreries à vous en filer des cauchemars. Parfois, on y trouvait des faux – et alors? Le but (plus ou moins) avoué, c’était d’en mettre plein la vue aux copains et aux invités de la maison en leur montrant qu’on avait la plus grosse (collection) et la plus impressionnante (collection, aussi).

Continuer la lecture

Alphonse Jobert, l’homme qui prétendit pouvoir régler la dette de l’État grâce à l’alchimie

A724_2_medium.jpg

Le swag de l’alchimiste du XIXe-XXe siècle (Médiathèque de Chaumont)

Vous savez, la pierre philosophale ? Rien qu’à dire le nom, ça fait un petit peu moyenâgeux . C’est le genre d’objet ultra cool – et ultra pratique – qu’on croise juste dans Harry Potter  ou dans l’improbable histoire du vrai de vrai Nicolas Flamel (celui sans pouvoir magiques et qui n’était pas méga pote avec Dumbledore – ouais, triste, je sais). Pour ceux qui avaient la flemme de se taper tous les dialogues dans Harry Potter à l’Ecole des Sorciers ou qui ont juste la mémoire un petit peu courte, la pierre philosophale c’est une substance alchimique (hypothétique jusqu’à preuve du contraire, tout ça tout ça) capable de plein de trucs sympatoches, du genre guérir toutes les maladies du monde, prolonger (éternellement) la vie et surtout, surtout changer tous les métaux un petit peu nazes en or ou en argent. Dire qu’elle a été l’objet de recherches actives au cours de l’Histoire serait un euphémisme et eh, c’est compréhensible: la pierre philosophale, c’est la solution miracle à ces jours où votre nez constamment bouché par votre rhume depuis une semaine commence à vous rendre dangereusement fou et aussi au jour où vous vous rendez compte avec horreur, à la terrasse d’un café, que vous n’avez potentiellement pas assez de monnaie pour votre double latte macchiato. Et puis c’est sympa, aussi, de pouvoir renflouer instantanément votre compte chez Gringotts sous l’oeil légèrement blasé du gobelin de service. Mais, ouais. Concrètement, ça tient du fantasme, ou ça fleure bon les rues dégueulasses (et totalement dépourvues de double latte macchiato) de Paris au XIVe siècle.

Sauf qu’en 1905, un certain Alphonse Jobert a fait une déclaration choc à un journaliste circonspect du mensuel français Je Sais Tout: « Si l’Etat voulait, je me chargerais de lui fabriquer trente milliards en dix ans… » Points de suspension inclus, pour le suspens. Comment? Grâce à sa maîtrise de l’alchimie, qui lui permettrait de produire de l’or.

Continuer la lecture

…La première colonie anglaise en Amérique du Nord a mystérieusement disparu ?

RoanokeColonyCroatoanTree

La colonie anglaise de Roanoke, installée sur l’île du même nom, en Caroline du Nord, fut la première véritable tentative britannique d’installation en Amérique du Nord. Etablie par Sir Walter Raleigh pour le compte de Elisabeth Iere dans les années 1580, elle avait tout pour prospérer. Sauf que non. Elle s’est littéralement évanouie dans la nature – en ne laissant pour seule trace que le mot « Croatoan » gravé sur un poteau. Aujourd’hui encore, elle est considérée comme « La Colonie Perdue » – et les raisons de sa disparition sont inconnues.

Continuer la lecture