Splendeurs et misères du Comic Sans

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Chaussettes dans des tongs. Survet’ dans des chaussettes. Chaussettes au lit. Ces trois fautes de goût ne sont rien à côté du Comic Sans, pourtant 100% dépourvu de chaussettes. Le Comic Sans MS, dont personne n’utilise jamais le MS parce qu’il faut pas pousser mémé dans les orties non plus, c’est un peu l’enfant maudit des internets – la blague que toute personne âgée de plus de 10 ans (et de moins de 60) peut piger sans soucis. Sa seule apparence sue l’ironie, ou bien la maladresse, ou juste le troll ; il fleure bon les Sims de la première génération et les vaines tentatives de rendre notre Skyblog grave stylé. Il est aussi un petit bout d’histoire de l’ordinateur, du web et de nos mentalités.

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The Landlord’s Game: les origines anti-capitalistes du Monopoly

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Exemple d’une harmonie familiale vouée à disparaître au cours de la partie de Monopoly. Comme dit l’autre, « c’est le jeu, ma pauvre Lucette ».

C’est les fêtes, c’est Noël, c’est les longues soirées au coin de la cheminée à s’empiffrer de chocolat, c’est le temps de la famille, des films avec Whoopi Goldberg qu’on a déjà vu 50 000 fois mais c’est pas grave puisqu’ils passent à la télé, des cadeaux sous l’arbre, d’essayer de ne pas penser trop fort que Tonton Jacques a l’air d’un pédophile déguisé en père Noël – c’est aussi, l’air de rien, la saison des jeux des société, quand on est trop nombreux pour se mettre d’accord sur le programme du soir. Au premier rang de ces jeux de société ? Le Monopoly.

Edition Montcuq, édition gay, édition Disney, édition équipe de France de Football, édition Harry Potter (oui oui, je vous jure, mais va falloir y mettre de l’huile de coude par contre) – il y en a pour tous les goûts. Diantre, essayez de trouver quelqu’un qui ne sait pas jouer au Monopoly dans votre entourage, vous en chierez probablement un peu – et si on met de côté les éternels débats sur l’utilité exacte de la case « parking gratuit » (spoiler: à rien, elle ne sert strictement à rien, sinon à faire un break), y’a moyen que ça convienne à petits et grands. Le Monopoly, c’est la garantie de 30 minutes de bon temps puis d’une bonne heure et demi où ça va se foutre sur la gueule parce qu’on a ruiné pépé, la grande soeur et le petit cousin et qu’ils le vivent mal, puis d’une partie jamais achevée parce que ça devient vite sacrément long. Bien plus qu’un jeu, c’est une légende, qui dans les rayons de votre magasin préféré lève probablement un sourcil sarcastique face aux Jungle Speeds qui tentent de le détrôner – un jeu qui siège au sommet aux côtés des Cluedo, des 1000 bornes et des autres grands de ce monde. Rien de surprenant. C’est quand même super fun, de faire la banque.

Sauf que le Monopoly, bah, on se trompe sur son sens profond et son message depuis notre plus tendre enfance: loin d’encenser les merveilles du monopole et de l’acquisition sauvage de fortune sous rire diabolique quand votre père atterrit tout droit sur *votre* rue de la Paix, c’est un jeu voué à vous apprendre que le capitalisme, des fois, c’est mal.

Oui oui.

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…Le 1er avril 1957, la BBC a convaincu le Royaume-Uni de l’existence d’arbres à spaghettis?

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Nous sommes en l’an de grâce 1957. Le monde est encore loin de rêver des blagounettes annuelles de Google Maps (hé – y’a un petit bonhomme disco qui danse sur l’application, c’est super cool et j’ai sûrement passé trop de temps pour ma propre dignité à glousser en le faisant tourner en boucle), de J’arrête Youtube qui trende sur Twitter et de la voix de Homer Simpson à la SNCF. Cela ne veut pas dire pour autant que quelques esprits diaboliques ne fonctionnent pas à plein régime pour faire tourner les gens en bourrique au moment où ils s’y attendent le moins. Personne n’a jamais été à l’abri un premier avril, après tout. Et putain. La BBC a toujours pété la classe quand il s’agit de poissons hauts en couleurs.

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…Le film le plus rentable de tous les temps est un film pornographique?

 

Il s’en passe, des choses étranges, quand on traîne trop longtemps sur Netflix. Moi, quand je me perds dans les tréfonds de Netflix, je regarde des documentaires sur la pornographie.

(même que c’est intéressant) (vraiment) (ne me jugez pas) (s’il vous plaît)

Jusqu’à cette soirée d’errance, j’étais intimement persuadée que le film le plus rentable de tous les temps était l’une des entrées des listes officielles de plus gros succès mondiaux en salle. Genre… Autant en Emporte le Vent. Ou Avatar. Ou Titanic. Des films dont on parle constamment et qui se retrouvent portés au rang de légende en moins de temps qu’il n’en faut pour dire « Star Wars », qui pullulent de produits dérivés et arrachent des regards stupéfaits à vos amis quand, comme pour tester la solidité de votre relation, vous avouez enfin que non, vous ne l’avez pas vu. Mais non. Le film le plus rentable de tous les temps l’est presque en secret. Et pourtant, il aurait de quoi frimer. Budget: 25 000 dollars. Revenu (théorique, et sujet à caution): 600 millions.

600. Millions. Pour 25 000 dollars.

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…Arnold Schwarzenegger doit en partie sa carrière à Shakespeare?

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Arnold Schwarzenegger. William Shakespeare.

Arnold Schwarzenegger. William Shakespeare.

Arnold Schwarzenegger. William Shakespeare.

Voilà – simplement pour bien mettre en place le bon gros paradoxe.

Parce que, à première vue, absolument rien ne semble unir ces deux hommes. Ni l’époque, ni le pays, ni le physique, ni même le genre d’art visuel dans lequel ils se sont épanouis… Shakespeare n’a jamais entendu parler de Arnold Schwarzenegger et certaines mauvaises langues dans l’assemblée ne pourront s’empêcher de dire qu’Arnold Schwarzenegger n’a peut-être bien jamais entendu parler de William Shakespeare non plus.

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