…Macbeth est une pièce maudite?

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De toutes les superstitions qui entourent le théâtre (et elles sont nombreuses), la plus légendaire est probablement celle qui entoure la plus courte des tragédies de Shakespeare: Macbeth. Particulièrement commune aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, elle a fait son bout de chemin sur les planches du monde entier. Elle est même mentionnée (et exploitée) dans l’épisode des Simpsons Homer rentre dans la reine (The Regina Monologues, saison 15, épisode 4), où le nom de la pièce fait son apparition par neuf fois et entraîne une série de malheurs pour un comédien (Sir Ian McKellen dans le rôle de Sir Ian McKellen!) – et si les Simpsons ne sont pas un gage suffisant de diffusion culturelle pour vous et bien je… suis… désolée pour cette introduction ?

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…Le Titanic aurait pu éviter l’iceberg si l’équipage avait eu la clé d’un placard?

1912._Люди_поднимаются_на_борт_«Титаника»

Nous avons tous, plus ou moins, connu ce moment mortifiant où nous réalisons que nous avons en notre possession un objet que nous ne sommes pas du tout supposés avoir. Bouquin jamais rendu à la bibliothèque, t-shirt emprunté et rangé au fin fond d’un placard pendant trois ans, clés de voiture ou pire encore clés de maison… En théorie, pas de raison de s’accuser de la mort de plus d’un millier de personnes (et de Leonardo Di Caprio). David Blair (né le 11 novembre 1874 à Broughty Ferry et décédé le 10 janvier 1955 à Hendon, Middlesex), lui, si. Et putain, il s’en est mordu les doigts. En effet, le désastre qui a inspiré l’un des films les plus vus et les plus primés de l’histoire du cinéma – et une angoisse durable de prendre le bateau sur de longs trajets pour un nombre certain de spectateurs – a bien failli être incombé à ce seul et unique marin britannique de la White Star Line, qui pourtant ne se trouvait même pas sur le RMS Titanic au moment de son naufrage.

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…A cause d’une impératrice du VIIIe siècle, le Japon a pensé les femmes inaptes à régner pendant 1000 ans?

Le mois des droits de la femme (et pas juste « de la femme », diantre !) touche à sa fin – et, pour l’occasion, on va parler Japon. On mentionne souvent Raspoutine et sa colossale influence sur Alexandrovna Feodorovna, l’épouse de Nicolas II de Russie – mais honnêtement, à côté de l’évènement historique qui s’est déroulé dans cette chère fort-fort lointaine île, il peut aller à se rhabiller. Parce que la principale répercussion de l’histoire de l’impératrice Kōken et du moine bouddhiste Dōkyō a été… ouais, plutôt costaud: la conviction selon laquelle les femmes étaient inaptes au trône et pouvaient risquer (par une forme de « faiblesse ») la ruine du pays et de la dynastie impériale. Rien que ça. Pas radical pour deux sous.

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…Il existe 21 façons différentes de mourir chez Shakespeare?

En matière de fins tragiques, le théâtre français est on-ne-peut plus prude. La décence (au milieu de tout un fatras d’autres règles) veut que le héros aie la politesse de quitter la scène pour pousser son dernier souffle. Pour ne pas choquer les bonnes moeurs, pour laisser la part belle à l’imagination, pour économiser sur le budget, pour ne pas provoquer de réactions de fureur dans un public un petit peu trop impliqué par ce parangon de l’imagination… les raisons sont multiples. Dire que les anglo-saxons ont fait d’autres choix en matière de mise en scène serait un euphémisme. Dire que Shakespeare a kiffé, plus que tout, mettre en scène les fins de ses personnages, en serait un encore plus gros. Les scènes les plus sanglantes étaient présentées avec le plus grands des réalismes, avec une volonté de divertir un public venu, en partie, pour qu’on lui en mette plein les yeux (et pour siroter sa bière en bonne compagnie dans le Globe) – et, au fur et à mesure des pièces du Barde, c’est une surenchère constante qui se met en place… pour garder un petit peu de surprise.

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…Caligula aurait lancé une campagne militaire pour jouer à la guerre et ramasser des coquillages?

Vous savez probablement que l’empereur Caligula avait un grain. Si ce n’est pas le cas, je plains vos professeurs d’Histoire – ou alors, vous étiez, au collège et au lycée, comme moi: c’est à dire le genre à ronfler joyeusement à sa place préférée à côté de la fenêtre. C’est pas un drame, ça se rattrape. Allez en paix. Vous êtes pardonnés.

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…A la fin du Moyen-Âge, des maisons closes étaient ouvertes dans des perspectives religieuses?

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 Un bordel, c’est pas exactement l’endroit où l’on s’attend à penser religion. A vrai dire, c’est probablement l’endroit au monde où l’on s’attend le *moins* à penser religion – ou alors pour laisser échapper une série de blasphème au moment critique. Ou quelque chose du genre. Et pourtant ! En France comme en Italie, aux XVe et XVIe siècles, quelques esprits éclairés dans quelques gouvernements municipaux ont eu une idée brillante – et pourquoi pas ouvrir des maisons de passe pour sauver les âmes de nos administrés ?!

(Nous prendrons une minute pour imaginer une telle proposition, aujourd’hui.)

(C’est bon ?)

(C’est bon.)

Les explications, maintenant.

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…Le surnom de « Douanier » de Henri Rousseau a été utilisé pour le tourner en ridicule?

Dans deux jours s’ouvrira au Musée d’Orsay l’exposition Le Douanier Rousseau. L’innocence archaïque. – elle s’achèvera au 17 juillet et j’y irai probablement parce que la gratuité pour les moins de 25 ans ressortissants de l’Union Européenne, c’est cool, quand même.

C’est, mine de rien, une chouette occasion pour commencer à parler d’art ici – et pour avouer que, grosso modo jusqu’à mes vingt ans, je pensais que « Douanier » était le véritable prénom de Henri Rousseau, que ses parents étaient des gens pas sympas et que ce pauvre petit avait probablement morflé dans la cour de récréation.

(vous avez le droit de vous moquer de moi)

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…Le parricide était tout à fait compréhensible durant l’Empire romain?

Malgré quatre (ou cinq…?) ans de latin, il ne me reste plus grand chose de la très noble langue morte. Honnêtement, si la première déclinaison m’est restée dans la caboche c’est surtout grâce à Jacques Brel – et pour le reste, je m’amuse parfois à enchaîner des phrases toutes faites pour prétendre que j’ai une mémoire capable d’un fonctionnement normal. Alea jacta est, cogito ergo sum, si vis pace para bellum, panem et circenses (que je traduirai toute ma vie « du pain et des cerceaux » – rienàfoutre), et aussi, surtout, tu quoque mi fili.

(que j’ai écrit correctement du premier coup… Yay !!!)

Le fait est, les rapports familiaux sous l’Empire romain pouvaient se révéler parfois quelque peu tordus et tendus – de quoi nous faire penser que, finalement, les tractations politiques de Brutus-fils-adoptif-de-César (ndlr: en fait il ne l’était point, et il y a un chouette article à consulter sur le sujet dans les commentaires!) et son coup de couteau bien placé ne sont pas *si* étonnantes que cela. Il faut remettre les choses dans leurs contextes. Le meurtre d’un parent proche était, certes, l’un des pires crimes concevables à l’époque (Cicéron nous indique avec moult détails dans le De Inventione que le condamné était fouetté, puis que sa tête était enroulée dans un sac en cuir, puis qu’on le cousait tout entier dans un sac, et hop, dans le Tibre, ou dans la Mer – quelques années plus tard, sous Auguste, Sénèque dans le De Clementia et le Corpus Iuris Civilis nous indiquent cordialement qu’un coq ET un chien affamés ET une vipère ET un singe étaient enfermés dans le sac aussi, tant qu’à faire) – mais la loi donnait de larges raisons pour l’enfant de souhaiter que paternel fasse une grosse chute dans les escaliers.

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…Le film le plus rentable de tous les temps est un film pornographique?

 

Il s’en passe, des choses étranges, quand on traîne trop longtemps sur Netflix. Moi, quand je me perds dans les tréfonds de Netflix, je regarde des documentaires sur la pornographie.

(même que c’est intéressant) (vraiment) (ne me jugez pas) (s’il vous plaît)

Jusqu’à cette soirée d’errance, j’étais intimement persuadée que le film le plus rentable de tous les temps était l’une des entrées des listes officielles de plus gros succès mondiaux en salle. Genre… Autant en Emporte le Vent. Ou Avatar. Ou Titanic. Des films dont on parle constamment et qui se retrouvent portés au rang de légende en moins de temps qu’il n’en faut pour dire « Star Wars », qui pullulent de produits dérivés et arrachent des regards stupéfaits à vos amis quand, comme pour tester la solidité de votre relation, vous avouez enfin que non, vous ne l’avez pas vu. Mais non. Le film le plus rentable de tous les temps l’est presque en secret. Et pourtant, il aurait de quoi frimer. Budget: 25 000 dollars. Revenu (théorique, et sujet à caution): 600 millions.

600. Millions. Pour 25 000 dollars.

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…Deux spécialistes des dinosaures se sont livrés à une véritable « Bone War » à la fin du XIXe siècle?

1870. La guerre de Sécession s’achève à peine aux Etats-Unis. C’est l’heure de la Conquête de l’Ouest, la fin des luttes intestines, un nouveau pays se fonde enfin dans l’unité… et deux paléontologues s’apprêtent à rouvrir les hostilités. A coup d’os de dinosaures.

Même que j’aurais pu dire « os-tilités » mais c’était vraiment une vanne toute pourrie.

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